Mulroney (1ère partie): De Premier Ministre mercenaire à margoulin

Avant-hier, lors de la remise des médailles qui se tenait au Salon rouge de l'Assemblée nationale (des actionnaires), le toujours dithyrambique Bernard Landry 1er (et dernier) n'avait que de bons mots à l'endroit d'un des pires escrocs de l'histoire canadienne, un médaillé qui fait dans l'or, j'ai nommé l'ancien Premier ministre du Canada, Brian Mulroney. "M. Mulroney a donné au Canada le cadeau le plus merveilleux de l'histoire: le libre-échange avec les États-Unis" (le Devoir 15/05/02) a conclu notre élogieux PDG provincial. Il a en même rajouté en demandant, "quel serait le taux de chômage au Québec et au Canada, sans le libre-échange? Quel serait le pouvoir économique du Québec et du Canada, sans le libre-échange?".

Permettez-moi que je vous apporte quelques débuts de réponses, M. Landry. Mais d'abord, dans cette première partie, regardons où mène la carrière d'un Premier ministre canadien qui fût engagé pour agir en tant que mercenaire pour le compte de l'impérialisme financier et commercial.

Oui, Mulroney fût un mercenaire.

Dans un livre intitulé "The Myth of the Good Corporate Citizen", l'économiste canadien Murray Dobbin relève une importante atteinte à la démocratie lors de l'Èlection fédérale de 1988. Le BCNI (Business Council on National Issues -maintenant CCCE-est un regroupement exclusif de PDG représentant un total de 140 entreprises) a dirigé une coalition qui a dépensé plus de 19 millions de dollars pour faire réélire le Parti Conservateur de Brian Mulroney, et ce dans le but premier de faire avaler aux Canadiens qu'une entente de libre-échange avec les États-Unis serait profitable. Mulroney a été réélu et depuis les ententes de libre-échange s'élargissent et sont de plus en plus profitables. Pour qui, les membres et amis affiliés au BCNI (maintenant le CCCE)? Possible. On verra dans la deuxième partie.

Mission accomplie, Brian.

Sa carrière de mercenaire pour le compte des margoulins terminée, voilà que des cadeaux fusent de partout. Aujourd'hui Mulroney siège au conseil d'administration de: Barrick Gold, TrizecHahn, Sun Media, Archer Daniels Midland (Illinois), Viasystems Group (Missouri), Cendant Corporation et AOL Latin America (New York), Quebecor, Quebecor World, Quebecor Media, Cognicase, Telesystems.

Il est aussi président du conseil de: Forbes Global (New York), Sun Media, président des conseils de stratégie pour l'Amérique latine et l'Europe de Hicks, Tate, & Furst (Dallas) et président du conseil consultatif international de Barrick Gold.

Il est par ailleurs membre des conseils consultatifs Internationaux de: Power Corporation du Canada, Bombardier Aérospatiale, China International Trust Investment (Pékin), J.P. Morgan Chase& Co., Violy, Byorum & Partners, LLC, VS&A Communications Partners III (toutes de New York), Conmet Ericsson (Washington D.C.), Independent Newspapers, PLC (Dublin) et General Enterprise Management Services (Iles Vierges britanniques).

Petits détails pas importants, notons qu'en 1996 Barrick Gold (cie pour laquelle Brian siège au c.a.), le 3ième extracteur d'or au monde, et autres conglomérats géants des matières premières, auraient soutenu des mouvements sécessionnistes qui émergeaient au Zaïre. "Leur objectif consistait à s'emparer des énormes richesses minérales du pays, fût-ce au prix de la mort de millions d'Africains". Toujours la même année, le journal le Monde révélait une information inédite, jusqu-là confidentielle: "le nord-est du Haut-Zaïre, (dont le chef lieu est Kisangani), recèlerait aussi or, diamants et pétrole; une concession de plus de 83.000 kilomètres carrés (plus de trois fois la superficie du Rwanda), vient d'y être octroyée à une compagnie américaine, dont le conseil d'administration compte un ancien Président américain, un ancien chef de la CIA et un ancien Premier ministre canadien." Avec un peu de patience vous constaterez que sur Internet on retrouve des centaines de liens qui lient Barrick Gold à du traffic d'armes.

De plus, si vous cherchez dans Yahoo les mots Archer Daniels Midland et criminal, vous vous n'aurez que 1180 liens à consulter. Je pourrais ajouter à cela toute l'escroquerie patronale de Vidéotron (Québécor), dont le porte-parole est nul autre que l'ancien journaliste Luc Lavoie, qui lui se trouve à être l'ami et l'ancien attaché de presse de Mulroney. Etc.etc etc. Et puis, n'est-ce pas là étrange de voir Mulroney siègeant sur le conseil d'administration d'entreprises concurrentes propriétaires de journaux?

Il est vrai que tout cette information est inutile : les intellectueurs à gages des médias ne traitent jamais de choses inutiles, voyez-vous. Utiles sont les profits des compagnies, qui veulent notre bien, c'est le cas de le dire. Mulroney nous aurait semble-t-il offert un beau cadeau utile: le traité de libre-échange avec lequel les échanges ne se font pas vraiment librement. Nous déballerons ce cadeau dans la prochaine partie.

Envoyé par Tartagnan Lalancette v2.0 le 17 mai 2002 à 07:44 PM | Commentaires (3)