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Gouverneur général de LEC Standard
Depuis les débuts du peuplement européen au Canada, il y a toujours eu sans interruption un gouverneur ou un gouverneur général à la tête du pays à titre de représentant résident de la COURONNE. Même si cette charge, dans sa conception moderne, est généralement perçue comme une institution d'origine britannique, le très honorable Roméo LEBLANC, actuel gouverneur général, est en fait le 62e successeur de Champlain, qui est devenu gouverneur en 1627, et le 25e depuis que lord MONCK a été assermenté lors de la CONFÉDÉRATION, le 1er juillet 1867. Jeanne SAUVÉ, le 60e gouverneur général, a été la première femme nommée à ce poste.
La charge a évolué lorsque le Canada est passé d'un statut de colonie à celui de pays. Au début, les gouverneurs généraux représentaient les gouvernements impériaux et étaient responsables devant divers ministres coloniaux. Après la Confédération, ils ont été habilités à gouverner selon les voeux du PREMIER MINISTRE du Canada en ce qui a trait aux questions internes, mais ils étaient encore obligés de s'en tenir à la politique britannique en matière de RELATIONS EXTÉRIEURES jusqu'à la Première Guerre mondiale. Après le STATUT DE WESTMINSTER de 1931, ils sont devenus les représentants personnels du SOUVERAIN. Enfin, le 1er octobre 1947, George VI a officiellement délégué au gouverneur général tous les pouvoirs du souverain au Canada. En 1952, Vincent MASSEY a été le premier Canadien nommé gouverneur général depuis Pierre DE VAUDREUIL. Par la suite, l'alternance entre un gouverneur général anglophone et un gouverneur général francophone est devenue une tradition.
Au Canada, comme dans bien d'autres monarchies constitutionnelles, il existe une nette distinction entre le poste de chef d'État et celui de chef du gouvernement. Ce dernier est occupé par le premier ministre fédéral, qui est un chef politique élu. Le premier est occupé par le gouverneur général qui, tout comme le souverain, est au-dessus de la politique. Nommé par le souverain sur recommandation du premier ministre fédéral, le gouverneur général exerce habituellement un mandat d'au moins cinq ans. Si le premier ministre fédéral est le porte-parole de la majorité politique, le gouverneur général quant à lui représente le pays entier.
Après son entrée en fonction (lors d'une cérémonie qui se déroule normalement dans la salle du Sénat), le gouverneur général porte le titre de « très honorable » à vie et de « Son Excellence » pour la durée de son mandat. Le titulaire dispose de deux résidences : RIDEAU HALL, qui fait partie d'un domaine de 36 ha donnant sur la rivière des Outaouais, ainsi que les appartements du gouverneur à la CITADELLE DE QUÉBEC. L'étendard personnel du gouverneur général est hissé lorsque le titulaire est à sa résidence et a préséance sur tous les autres drapeaux au Canada, sauf celui du monarque. Il est bleu foncé et porte en son centre l'emblème doré du Canada, un lion couronné tenant dans sa patte gauche une feuille d'érable stylisée.
Le Parlement a trois composantes : le SÉNAT, la CHAMBRE DES COMMUNES et la Couronne. À titre de représentant de la Couronne, le gouverneur général convoque, proroge et dissout le Parlement, autorise les traités, reçoit et délègue les ambassadeurs, attribue les commissions aux officiers des Forces armées et accorde la sanction royale aux projets de loi adoptés par les deux chambres, à savoir les Communes et le Sénat, leur donnant ainsi force de loi. Suivant les conventions constitutionnelles, le gouverneur général exerce ces prérogatives seulement sur conseil des ministres. Néanmoins, conformément à ces mêmes conventions, le titulaire conserve des pouvoirs personnels spéciaux en cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles, qui lui permettent alors de nommer ou de destituer un premier ministre fédéral et de dissoudre le Parlement. À au moins deux reprises (en 1891 et en 1893) depuis la Confédération, des gouverneurs généraux (en l'occurrence, lord STANLEY et lord ABERDEEN) ont dû désigner un premier ministre, mais ils n'ont jamais été obligés d'en renvoyer un. À au moins une occasion (en 1926), un gouverneur général (le vicomte BYNG) a refusé de suivre l'avis du premier ministre et de dissoudre le Parlement (voir KING-BYNG, AFFAIRE).
Le gouverneur général est aussi investi des pouvoirs constitutionnels de chef d'État, c'est-à-dire le droit d'être consulté, le droit d'encourager et le droit de mettre en garde. C'est en recevant les actes minutaires du Cabinet et les visites à intervalles réguliers du premier ministre fédéral et des fonctionnaires du gouvernement que le gouverneur général exerce habituellement ces droits. Le gouverneur général détient le pouvoir exécutif du gouverneur en conseil, sur l'avis du CONSEIL PRIVÉ du Canada (dont la composante la plus importante est le CABINET), et signe les DÉCRETS.
Aux termes de la loi, le gouverneur général est désigné commandant en chef des Forces armées, et il est chargé d'assermenter les ministres et de délivrer des commissions aux hauts fonctionnaires de l'État. Le titulaire est chancelier de l'Ordre du Canada et de l'Ordre du mérite militaire, et il est responsable de l'administration de l'ensemble du système canadien des distinctions honorifiques (voir TITRES ET DÉCORATIONS). Le gouverneur général est l'hôte officiel des chefs d'État en visite au pays et peut représenter le Canada à l'étranger.
Ses nombreuses fonctions d'accueil et ses multiples déplacements au Canada permettent au gouverneur général de connaître mieux que quiconque le pays, la population et les questions du jour. La charge de gouverneur général constitue aussi le symbole de la nation et de la continuité du pays. Sa présence discrète, qui transcende les divisions et les différences, incarne l'acceptation de loyautés héritées du passé et d'idéaux qui perdurent. Voir aussi GOUVERNEUR; GOUVERNEURS GÉNÉRAUX DU CANADA : TABLE.
Auteur JACQUES MONET, S.J.