Trudeau fondateur de Cité libre

Desmarais; La Presse, Télémédia et IBM

Desbiens, Jean-Paul; (Les Insolences du Frère Untel)

Front de libération du Québec

Vallières, Pierre; Nègres blancs d'Amérique


 

Desbiens, Jean-Paul     de LEC Standard

Desbiens, Jean-Paul, membre de l'ordre des Frères maristes, enseignant, philosophe, écrivain, journaliste (Métabetchouan, Qc, 7 mars 1927). Son livre décrivant l'échec du système scolaire du Québec, Les Insolences du Frère Untel (publié en anglais sous le titre The Insolences of Brother Anonymous), remporte un succès sans précédent.

Le début de sa carrière d'écrivain et de pamphlétaire coïncide avec le début de la RÉVOLUTION TRANQUILLE, à laquelle il est étroitement associé, bien que ses supérieurs le retirent du débat en l'envoyant en Europe (1961), où il étudie la théologie et la philosophie. À son retour au Québec (1964), il se joint au ministère de l'Éducation et y devient l'un des principaux architectes de la réforme. En 1970, il entre à La Presse en tant qu'éditorialiste et, en 1972, il retourne à l'éducation comme directeur d'école. Il continue à écrire pour diverses publications toujours avec un sens du sacré et un profond respect pour l'homme qui le caractérisent.

Auteur ROBERT BRISEBOIS


Front de libération du Québec     de LEC Standard

Front de libération du Québec     de LEC Standard

Front de libération du Québec (FLQ), mouvement révolutionnaire qui utilisait la propagande et le TERRORISME pour promouvoir la création d'un Québec indépendant et socialiste. Le mouvement est fondé en mars 1963, alors que le Québec connaît une période de changements remarquables (expansion industrielle, modernisation de l'État), mais il est également stimulé par des facteurs internationaux tels que la décolonisation de l'Algérie. Pierre Vallières, auteur de l'ouvrage intitulé NÈGRES BLANCS D'AMÉRIQUE, adhère au FLQ en 1965 et est généralement considéré comme le théoricien de l'organisation.

En 1963, des militants felquistes clandestins, dont certains sont arrêtés, placent des bombes dans les boîtes à lettres de trois manèges militaires fédéraux et à WESTMOUNT, riche quartier de Montréal habité par des anglophones de la classe moyenne supérieure. En 1964, un autre groupe de felquistes vole 50 000 dollars en espèces et de l'équipement militaire, puis commet un vol à main armée à l'International Firearms. Au cours de ce vol, le vice-président de la compagnie est tué par le FLQ et un autre employé est abattu par la police, qui le prend pour un des voleurs. De 1965 à 1967, le FLQ s'associe aux activités de travailleurs en grève. Il est impliqué dans plus de 200 attentats à la bombe entre 1963 et 1970 et commence en 1968 à utiliser des bombes plus grosses et plus puissantes. Des bombes sont posées dans une librairie du gouvernement fédéral, à l'U. McGill, au domicile de Jean DRAPEAU, au ministère provincial du Travail et à la Bourse de Montréal, où 27 personnes sont blessées. À l'automne 1969, le mouvement se scinde en deux cellules distinctes comptant environ 12 membres chacune : la bande de la rive Sud, dirigée par Paul Rose, qui devient la cellule Chénier, et la cellule Libération, dirigée par Jacques Lanctôt et établie à Montréal.

À l'automne 1970 (voir CRISE D'OCTOBRE), le FLQ kidnappe Pierre LAPORTE et le délégué commercial britannique James Cross. Laporte est ensuite assassiné. En vertu de la LOI DES MESURES DE GUERRE, plus de 450 personnes sont arrêtées, y compris 150 membres « présumés » du FLQ. Paul Rose et Francis Simard sont condamnés à la prison à perpétuité pour le meurtre de Laporte, Bernard Lortie est déclaré coupable de l'avoir kidnappé, et Jacques Rose est condamné en tant que complice. Cinq des ravisseurs de Cross s'enfuient à Cuba, puis en France, et reviennent enfin au Canada. L'un d'entre eux reste à Montréal, mais il est arrêté en 1980 et condamné en 1981. Le mouvement cesse ses activités en 1971.

Auteur MARC LAURENDEAU


Vallières, Pierre     de LEC Standard

Vallières, Pierre, écrivain (Montréal, 22 févr. 1938). Il est journaliste à Montréal avant d'adhérer au FRONT DE LIBÉRATION DU QUÉBEC (FLQ) en 1965. Convaincu que le Québec ne peut survivre que comme nation indépendante et socialiste, et impressionné par l'exemple des révolutionnaires d'Amérique latine, il exhorte le FLQ à user de violence pour arriver à ses fins. Une série d'attentats à la bombe s'en suivent à Montréal, et lorsque que ses associés sont arrêtés, il s'enfuit à New York, où il est arrêté en 1966 et emprisonné. Déporté au Canada en 1967, il passe quatre ans en prison et y écrit ses mémoires, Nègres blancs d'Amérique (1968), et remet en question ses convictions. En 1971, il renonce- à la violence et reconnaît dans le PARTI QUÉBÉCOIS le meilleur moyen d'accéder à l'indépendance. En 1980, il répudie ce parti à son tour et publie sa thèse selon laquelle le Québec est condamné à l'assimilation. En 1984, après avoir vécu l'expérience d'une révélation, il entre dans un ordre religieux d'influence franciscaine.

Auteur STANLEY GORDON


Cité libre    de LEC Standard

Cité libre Magazine d'idées fondé en 1950, il regroupe à l'origine des intellectuels québécois qui s'opposent à Maurice DUPLESSIS. Inspiré par le personnalisme d'Emmanuel Mounier, le comité de rédaction, dont Gérard PELLETIER et Pierre Elliott TRUDEAU font partie, met en avant l'existence d'un homme universel à défendre contre le totalitarisme. Humaniste, progressiste et non doctrinaire (René LÉVESQUE, Pierre VADEBONCŒUR et Pierre VALLIÈRES y côtoient Maurice Blain, Jean Le Moyne et Gilles Marcotte), Cité libre témoigne à sa façon de l'inquiétude de la société québécoise durant l'époque dite de la "grande noirceur".

Laïque et anticléricale, la publication approfondit les questions religieuses. À la médiocrité intellectuelle et à l'intolérance, elle oppose un rationalisme inspiré des grands penseurs libéraux. Sur les questions socio-économiques, elle pose des jugements parfois audacieux, sans remettre toutefois en question les structures établies; elle propose plutôt des changements graduels. Fédéraliste et antinationaliste, Cité libre considère la politique dans une perspective éthique et encourage l'éducation à la démocratie et la lutte contre la corruption.

La quête de nouvelles valeurs et la recherche d'une identité sont plus apparentes dans la première série de ses publications (1950-1959) que dans la deuxième (1960-1966); entre les deux s'est amorcée la RÉVOLUTION TRANQUILLE. À compter de juillet-août 1991, sous la direction d'Anne-Marie Bourdouxhe, la Coopérative d'information Cité libre fait paraître une troisième série et organise des rencontres régulières avec ses lecteurs, avant de lancer une édition anglaise en 1998. Son objectif est clair: défendre le "sens critique" contre l'"unanimisme nationaliste". D'une série à l'autre, la primauté des droits individuels sur les droits collectifs donne son unité à la revue. Cité libre suspend de nouveau sa publication à l'été 2000, après dix ans d'activités.

Voir aussi PÉRIODIQUES LITTÉRAIRES DE LANGUE FRANÇAISE.

Auteur BENOÏT MELANÇON