En réponse à une question du député bloquiste Odina Desrochers,
M. Guité a
déclaré que le bureau du ministre des Finances de l'époque, Paul Martin, était
intervenu à plusieurs reprises pour faire en sorte que certaines firmes de
publicité soient inscrites sur la liste des agences pouvant obtenir des
contrats.
(Je le crois)
M. Guité, qui a mentionné l'agence Earnscliffe, a précisé qu'il n'avait pas
parlé à M. Martin lui-même, mais à sa chef de cabinet, Terry O'Leary, qui lui
aurait dit: «Paul préférerait» (Paul would prefer). «Who is Paul?» (Qui est
Paul?), s'est interrogé à voix haute devant le comité M. Guité, qui a ajouté
qu'il déposerait des documents démontrant l'ingérence du bureau du premier
ministre actuel dans le processus.
L'ancien directeur du programme a aussi déclaré que le bureau du ministre
Ralph Goodale était lui aussi intervenu en faveur de l'agence Earnscliffe.
Pour M. Guité, le personnel d'un ministre ne devrait jamais contacter les
fonctionnaires responsables de l'attribution de contrats.
Participation, mais non ingérence
Plus tôt dans son témoignage, M. Guité a indiqué que l'ancien ministre des
Travaux publics, Alfonso Gagliano, et le bureau du premier ministre Chrétien
étaient intervenus dans le choix des événements qui devaient recevoir de
l'argent du programme de commandites. Par contre, il a nié qu'il y ait eu
ingérence de la part de ces dernières instances politiques dans le choix des
agences de publicité qui servaient d'intermédiaires dans l'application du
programme.
M. Guité a par ailleurs contredit Alfonso Gagliano, en affirmant qu'il
rencontrait l'ancien ministre des Travaux publics en moyenne une fois par mois
et jusqu'à une fois par semaine dans le cas de personnel de son bureau. Dans
son témoignage, M. Gagliano a affirmé qu'il ne rencontrait Charles Guité que
«3, 4 fois par année».
Haro sur le rapport Fraser
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Le supposé
comité des comptes publics |
M. Guité a nié plusieurs des affirmations contenues dans le rapport de la
vérificatrice générale.
Il a affirmé n'avoir jamais tenté, intentionnellement, de cacher la source de
financement des activités de commandite, nié avoir bafoué les règles normales
de gestion ou sélectionné des agences de publicité en faisant abstraction des
directives établies par le Conseil du trésor.
M. Guité a déclaré que contrairement à ce qu'affirme la vérificatrice
générale, tous les contrats étaient appuyés par des documents justificatifs.
Il soutient que lorsqu'il a quitté la direction du programme, en août 1999,
tous les documents pertinents étaient dans les dossiers. «Où sont-ils passés?»
s'est interrogé le témoin. Enfin, il affirme qu'il est faux de dire que les
agences ont empoché 100 millions de dollars sans effectuer de travail en
contrepartie.
Règlements de compte
Dès le début de son témoignage, M. Guité s'en est pris au président du comité,
John Williams, qui l'avait accusé de «lever le nez» sur le Parlement en
refusant de témoigner au comité. M. Guité a affirmé qu'il n'avait jamais
refusé de se présenter devant les députés et qu'à cause des commentaires de M.
Williams, lui-même et sa femme s'étaient fait injurier par d'autres citoyens
Canadiens, lors de leurs vacances en Arizona.
Dans ses réponses aux questions des députés, M. Guité a par ailleurs égratigné
quelques anciens ministres et un de ses anciens employés, Alan Cutler, qui
avait témoigné devant le comité.
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| Don Boudria (archives) |
Il a contredit les anciens ministres des Travaux publics Doug Dingwall et Don
Boudria, qui ont déjà déclaré ne pas le connaître.
Dans le cas de Don Boudria, le témoin a rappelé une bonne demi-douzaine
d'événements auxquels il a assisté en compagnie de M. Boudria.
Pour ce qui est d'Alan Cutler, qui avait soutenu que Charles Guité ne
respectait pas les règles et l'avait menacé de lui faire perdre son emploi, il
a dit qu'il ne l'avait jamais menacé de lui faire perdre son emploi mais
plutôt de «geler» ses promotions futures. M. Guité est allé plus loin en
affirmant que M. Cutler était un employé à problèmes, laissant même entendre
que ce dernier pouvait être responsable de la destruction ou de la disparition
de documents.
La vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, a conclu dans son rapport
que des firmes proches du Parti libéral avaient largement tiré profit du
programme de commandites, ayant obtenu 100 millions de dollars en guise de
commissions et d'honoraires, le plus souvent pour peu ou pas de travail du
tout.
Le reportage de Patrice Roy, suivi d'une converse avec Patrice Roy et
Daniel Lessard