Téléglobe se bute à un nouvel obstacle aux États-Unis
Madeleine Guay
La Presse
Le mardi 28 mai 2002
Opérant sous la protection de la Loi canadienne sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, Téléglobe se bute à de nouvelles difficultés aux États-Unis.
L'entreprise tente de revoir sa stratégie
du côté américain après s'est vu refuser l'extension, aux États-Unis, de la
protection qui était accordée par la Cour supérieure de l'Ontario, depuis la mi-mai
au Canada.
Téléglobe espérait que ses filiales américaines profitent du même droit de
protéger ses actifs contre les créanciers, ce que la juge de la Cour de faillite
du district du Delaware, Mary Walwrath, a défendu, en rendant un jugement,
vendredi dernier, en faveur des fournisseurs américains.
«La fin de Téléglobe est annoncée depuis que BCE l'a laissé tomber.
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....On n'abandonne pas une compagnie qui est encore viable après avoir investi entre
7 et 10 milliards de dollars», commente Nadim Rizk, analyste du secteur des
télécommunications de Montrusco Bolton.
Ceux-ci dont FPL Fibrenet LLC, et le bureau des syndics de faillite des
États-Unis, chargé de faire respecter les lois sur la faillite, ont contesté
l'application de la section 304 du Code des faillites américaines ( U.S.
Bankruptcy Code).
Cette section invoquée par Téléglobe prévoit qu'une entreprise puisse demander à
ce que ses filiales américaines soient regroupées sous la protection accordée
par un juge d'un autre pays, pour éviter les coûts liés à deux requêtes
distinctes.
La juge du Delaware a indiqué qu'il ne relevait pas de sa compétence d'accorder
une telle protection.
Téléglobe se retrouvera donc à la merci de ses créanciers américains à partir de
demain soir, à la fermeture des bureaux aux États-Unis, à moins qu'elle ne
revoit, une fois de plus, sa planification stratégique, et demande la protection
prévue en vertu du Chapitre 11 du code des faillites des États-Unis.
Une alternative que la compagnie décrivait
toutefois comme si coûteuse, dans un document donné à la cour et rempli par
Matthew Zaleski, avocat chez Ernst&Young, qu'elle mènerait plutôt à la
liquidation des avoirs aux États-Unis.
Téléglobe a annoncé vendredi soit qu'elle étudiait néanmoins les différentes
options qui s'offraient à elle «pour faciliter la mise en oeuvre de sa stratégie
de réorganisation et pour protéger les intérêts de ses intervenants».
Chez Téléglobe, personne n'a voulu commenter. Ni au siège social de Téléglobe, à
Montréal ni à Reston, l'ancien siège social en Virginie où travaillent encore
des équipes de ventes.
«La fin de Téléglobe est annoncée depuis que BCE l'a laissé tomber.
On n'abandonne pas une compagnie qui est encore viable après avoir investi entre
7 et 10 milliards de dollars», commente Nadim Rizk, analyste du secteur des
télécommunications de Montrusco Bolton.
Téléglobe, qui a été larguée par BCE, vient de procéder à la mi-mai au
licenciement de 1200 personnes, soit les deux tiers de ses 1860 employés dans le
monde. L'entreprise qui a accumulé une dette d'une valeur totale de 4 milliards
de dollars, doit rembourser le 22 juillet 1,25 milliard US à un consortium de 19
banques.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/economie/0205/eco_102050102722.html