C'est d'ailleurs M. Genest qui était parvenu à redresser la SSQ qui frôlait la faillite au début des années 1990.
Tout juste nommé PDG, M. Genest avait, après quelques mois de négociations, convaincu Claude Blanchet, le président fondateur du Fonds et le mairie de Pauline Marois, d'investir dans la compagnie d'assurance.
Le mercredi 07 novembre 2001
Pierre Genest à la tête du Fonds FTQ
Denis
Lessard
La Presse
Québec
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Pierre Genest, actuel patron de SSQ Groupe financier. |
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Dans une décision surprise, la FTQ a choisi de confier la direction de son Fonds de solidarité à un spécialiste des assurances, un «financier de gauche» peu connu dans la métropole. En effet, Pierre Genest, le patron de SSQ Groupe financier, succédera à Raymond Bachand.
Selon les
informations obtenues par La Presse, le choix de M. Genest, entériné par
le conseil du Fonds, samedi, a été entouré du plus grand secret par Henri Massé,
le secrétaire général de la FTQ. Ce dernier tenait à ce que la nouvelle ne
s'ébruite pas avant que M. Genest n'ait fait part de ses intentions à son
conseil d'administration, ce qui devait être fait mardi.
Le choix d'un successeur à M. Bachand n'a pas été une sinécure - le salaire de
250 000 $ par année n'est pas alléchant pour un poste de ce niveau dans le
secteur privé - ce qui a forcé Henri Massé à recruter dans le «club-école» des
filiales, explique-t-on. Le Fonds est le plus important actionnaire de la SSQ.
Aussi, le départ de Raymond Bachand après quatre ans n'a pas contribué à attirer
des candidats à la succession. Les accrochages entre le président du Fonds et
les dirigeants de la FTQ sont bien connus dans les milieux économiques; à
Montréal, certains projets que voulait voir appuyer la centrale syndicale
étaient difficilement défendables du strict point de vue de la rentabilité.
Le poste de patron du Fonds de solidarité oblige souvent à naviguer à vue entre
les objectifs financiers et les considérations «politiques». Le Fonds gère 3
milliards de dollars d'actifs, dont 60 % doivent aller en capital-risque dans
les PME québécoises, le tout en respectant les objectifs et les valeurs de la
centrale. M. Genest, bougie d'allumage de bien des organisations à nature
sociocommunautaires dans la région de Québec, répondait à cette image plutôt
inusitée d'un «financier de gauche».
Un défi attend l'actuaire de Québec du côté des cibles. Cette année, le Fonds va
présenter son premier bilan négatif - moins 7,3 % - en ses 18 ans d'histoire.
M. Genest, 55 ans, est loin d'être un inconnu pour Henri Massé; le Fonds de
solidarité est, depuis 10 ans, l'actionnaire majoritaire de la SSQ Vie, une
compagnie d'assurances dont le siège social se trouve à Québec.
C'est d'ailleurs M. Genest qui était parvenu à redresser la SSQ qui frôlait
la faillite au début des années 1990. La valeur des placements immobiliers de la SSQ était passée de 60 millions à 20 millions, entre 1991 et 1992.
Tout juste nommé PDG, M. Genest avait, après quelques mois de négociations, convaincu Claude Blanchet, le président fondateur du Fonds et le marie de Pauline Marois, d'investir dans la compagnie d'assurance. La SSQ Vie - à l'origine Service de santé de Québec - est le troisième assureur à propriété québécoise, après l'Industrielle Alliance et l'Assurance Vie Desjardins. La SSQ Vie compte plus de 1000 employés et son actif est de 1,5 milliard de dollars.
Voir: Qui fut
Claude Blanchet dans ce dossier et quel fut la relation avec Parizeau, Pauline
Marois, Landry P.M. Johnson?
Le choix d'un nouveau patron au Fonds FTQ a été, semble-t-il, difficile.
Beaucoup ont refusé la proposition de la FTQ. Les candidatures de deux femmes,
Carmen Crépin, de la Commission des valeurs mobilières du Québec, et Louise Roy,
ex-dirigeante d'Air France et de Télémédia, ont été considérées.
Le nom de Louis Roquet, d'Investissement Québec, avait circulé, mais le
principal intéressé a décliné l'offre, tout comme, semble-t-il, Gilles Godbout,
le sous-ministre des Finances.
On a aussi songé à Denis Dionne, un ancien vice-président du Fonds, passé chez
Sofinov, une filiale de la Caisse de dépôt et placement. Daniel Paillé,
ex-ministre, ancien vice-président de la Société générale de financement, passé
chez Canam-Manac, a aussi été pressenti, mais a décliné l'offre.
À Québec, M. Genest est une personnalité fort connue pour sa participation aux
campagnes de financement de Centraide et au conseil d'administration de
l'Orchestre symphonique (sa mère était musicienne). Il est originaire de
Saint Romuald, une ville ouvrière de la Rive-Sud de Québec. Après une formation
d'actuaire à l'Université Laval, il travaille dans l'assurance à Toronto avant
de revenir à Québec, dans une firme d'actuaires-conseils, Optimum, où il reste
pendant 15 ans.
Il entrera par la suite à l'emploi de la SSQ où il deviendra
président en 1991.
http://www.cyberpresse.ca/reseau/economie/0111/eco_101110033178.html