La transaction Power-Télémédia 
une opération
"POUDRE AUX YEUX"


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La Maison Réédition-Québec Inc.
3611, rie St-Denis
Dépôt légal 2e trimestre 1971
Bibliothèque National du Québec
ISBN 0-885-004-X 
couverture: Robert Lavaill

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5 juillet 1970

Jacques Keable

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POWER CORP. ET L'INFORMATION:

une liaison dangereuse

Le 17 juin dernier, a Ottawa, le Conseil de la Radiotélévision Canadienne (CRTC) a acquiescé à la demande de Télémédia Québec Lte. Du coup, Télémédia s'est retrouvé propriétaire de 10 postes de radio et de 2 postes de télévision. Prix: $9 millions. Un rien, quoi!

Le CRTC a mauvaise conscience et le texte de sa décision est torturé. Au lendemain de cette annonce, Le Devoir écrivait

"L'invraisemblance vient de se produire".

Cette "invraisemblance" nous a amenée à nous poser des questions : qui est "Télémédia" et quelles ont été les conditions de vente de ce gros lot de stations de radio et de télévision?

La réalité est la suivante:

Télémédia, c'est Power Corporation; 

Document anglais: Télémédia, it's Power Corporation

Power Corporation, c'est le journal Trans-Canada et le journal Trans-Canada c'est Télémédia. En terme, un même groupe d'intérêts contrôle à la fois des intérêts économiques et financiers très divers, plus une large part des moyens d'information du Québec.

Cette volonté cachée de régenter toute I'information au Québec est dangereuse à plus d'un titre et est condamnable tout autant. Comment se comporteront les moyens d'information dans le cas d'une grève majeure affectant I'une ou I'autre des multiples compagnies constituant les intérêts des propriétaires ?

Comment se comporteront les journaux et autres moyens d'information appartenant à un groupe économique puissant et politiquement engagé, à l'occasion d'une élection? (Songeons aux dernières !).

Le danger est, au fond, que ces moyens fantastiques de communication deviennent moyens de propagande, camouflés sous le qualificatif d'information" et destinés à servir les fins politiques et économiques de leur propriétaire.

Le gouvernement fédéral a dû bouger devant la pression publique, il a institué d'autres commissions d'enquêtes, la commission Davey. A Québec, une commission parlementaire, tournée en queue de poisson comme un, peu tout le reste, a aussi été créée. Les gouvernements devaient calmer les inquiétudes du public devant cette concentration montante.

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Pendant qu'on ergotait - en sachant très bien ce qu'on faisait d'ailleurs - à Québec et à Ottawa, la concentration, elle, se faisait impunément. On ergote encore, la concentration est faite. On ergote encore: le Conseil de la RADIO-TÉLÉVISION Canadienne consacre officiellement, contre toute vraisemblance, la concentration.

Si les gouvernements et leurs institutions affiliées, comme le CRTC, se font les complices du groupe d'intérêts en question, la population continue à s'affoler: il faut donc la berner. Pour la berner, deux trucs ont été trouvés par les magiciens du groupe. II suffira de former de nouvelles compagnies. C'est ainsi qu'est née la compagnie "Journaux Trans-Canada", qui a englobé tous les journaux sauf "La Presse" qui est demeurée dans une autre compagnie "Gesca", du même Paul Desmarais; c'est ainsi encore qu'est née, accouchée bouffonnement, au milieu d'un numéro de mauvais illusionnisme, par Philippe de Gaspé Beaubien, la compagnie Télémédia.

Or, Power, Journaux Trans-Canada et Télémédia, c'est du pareil au même. C'est parent comme des jumeaux identiques. Les "grands" de l'organisation, sachant fort bien que leur puissance devenait inacceptable, ont décidé de mentir. Ils ont proclamé partout. qu'ils ne se connaissaient ni d'Eve ni d'Adam.

Un peu plus et Beaubien dirait: "Power? Connais pas?" Le mensonge et la bouffonnerie sont leurs derniers retranchements officiels et publics.

Le CRTC, là dedans, ravale, bénit le tout. Sa lâcheté n'a qu'un mérite, elle est sans camouflage, ou si peu. Le CRTC affirme, en des termes polis, que: Power, Télémédia et Journaux Trans-Canada , c'est pareil.

Pour I'avoir déjà écrit, QUÉBEC-PRESSE a été menacé de Poursuites judiciaires.

Chantage. Le CRTC ne sera pas poursuivi ni même menacé de poursuite. Sa petite gifle à l'empire financier est largement compensée par la permission qu'il vient d'accorder.

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L'HISTOIRE DE 1970 SE RÉPÈTE avec Martin: Télémédia = Canada Steamship Lines et IBM = La Sagard

 Le Rapport Siouffi avec la menace d'internement par la cour qui pouvait être obtenue en une heure

Le rendez-vous planifié avec le faux psychiatre sur lequel j'ai donné l'autorisation à Mr. Marcel Denicourt

POWER CORP. ET L'INFORMATION: une liaison dangereuse

Suite à l'intéressement de M. Marcel Denicourt au dossier médical de la CTRSM et l'expertise du Dr. Gilles Etienne Siouffi psychiatre, le directeur du journal reçue des responsable de Montréal un ordre de licencié Marcel Denicourt. Marcel Denicourt se fit demandé sa démission pour la raison: "Par le non rendement voulu et il y a avait également une possibilité de poursuite contre lui et eux aussi advienne leur refus d'exécuté l'ordre. La direction de Saint Jean, lui offre de signé une démission pour cause de maladie, ce qui n'altérerait pas sa compétence. M. Marcel Denicourt  les a avisé que: " ils risquaient eux aussi connaissant le dossier, d'être remercié.

Comme de fait la suite fut: La démission de Léo Fachino, directeur du journal Régional de Saint Jean Blv. du Séminaire fut demandé, pour cause de non intéressement à son ouvrage, Robert Bélanger directeur des nouvelles "Travail Tribune à Sherbrooke n'a pas su la raison de sa demande de démission.  

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La transaction Power-Télémédia:
QUAND POWER VEND A POWER

Philippe de Gaspé Beaubien prend décidément les Québécois pour des caves.

En réalité, M. Beaubien, après avoir, comme il le dit, "vendu ses bijoux de famille", se met à faire du magasinage chez Power. Dans son panier: une douzaine de postes de radio et de télévision.

Addition à la caisse: $9 millions. Dans ses poches, il trouve $100,000, soit un peu plus de... 1% de la valeur.

Et où l'a-t-il pris, ce fond de porte-monnaie ? A la Banque Royale du Canada. Comme par hasard, le président libéral de cette banque est Earl McLaughlin, l'un des directeurs de ... Power Corp!

Donc, notre M. Beaubien avec son petit 100,000 de dollars,  il lui en manque pas mal.

Et le vendeur, Power, de son propre aveu, ne veut pas vendre en pièces détachées,un poste par-ci, un autre par la ! Non. C'est tout ou rien. Tu prends tout le panier, dit Power à Philippe, ou rien.

Alors M. Beaubien appelle Power dans un coin, on prend une bière, puis on jase un peu, pour mieux se connaître. L'entente, autour d'une conversation sans doute à la Chandelle, naît soudain. Power dit à Beaubien:

"Si tu as $100,000, je te passe ce qui te manque. Une pinotte: $7,250,000. Ca fait-y ?" (Traduction libre). 

M. Beaubien réfléchi et dit: 

"D'accord, je plonge, je prends le risque. Je mets mon avenir là-dedans, je vais travailler fort".

Alors M. Beaubien se met à accepter de rencontrer les journalistes de partout pour leur expliquer la belle affaire: 

"Les postes de radio et de télévision, c'est à moi. Aucun rapport, direct ou indirect, avec Power. Faut me croire !"

En chiffres, ça donne à peu près ceci:

Prix total (moins CKCH, Hull): $8,960,000.

Comment payer cette somme ?

Investissement "personnel" de Beaubien: $100,000 "liquide" Royal Bank - président de cette banque est Earl McLaughlin, direction de ... Power Corp ! 
"Débentures" (obligations) 

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détenues par Power: $7,250,000.

Et le reste ?
Télémédia va lancer des "actions" de classe b, pour la somme de $2,300,000. A qui ? C'est un secret, dit M. Beaubien. Mais, dit- il, levant le voile, "ce ne seront pas nécessairement des gens de Power?

(Il n'y a rien à l'épreuve de M. Beaubien, on le voit.) 

Là ou le propriétaire (sic) de Télémédia va "jouer", c'est sur les noms des personnes qui forment le conseil d'administration de sa compagnie. "Pensez-vous, dira-t-il convaincant, que le Révérend Père de la Sablonnière, un Jésuite, est un gars à Power? Pas du tout !"

Il pourra jouer, mais il ne fera gober à personne, même pas au CRTC malgré son approbation, qu'il n'y a pas de Power là-dedans. Une part de $100,000 sur un achat de $9 millions (1%), c'est rien.

Claude Ryan, dans une "charge" éditoriale, disait de cette transaction qu'elle avait procuré à un"jeune homme de bonne famille"... "un empire pour une chanson".

M. Beaubien doit très bien chanter, puisque pour une outre chanson, ou deux, il a enjôlé tous les membres du CRTC qui ont béni le tout!

Alors M. Beaubien pourra continuer à dire:"Télémédia, c'est moi il faut me croire..."

Le jeu des trois menteurs. Qui ment?

Sûrement quelqu'un ou quelques-uns. Lisez les trois déclarations suivantes.

Philippe de Gaspé Beaubien 
A Claude Jasmin, dans Québec-Presse, 
édition du 4 janvier 1970:

"On a dit que j'étais une "couverture" pour Power: Eh bien! c'est faux! Faut me croire. Je le sais en maudit parce qu'il m'a fallu ramasser sept millions et plus en beaux dollars... Je ramasse tout, jusqu'aux bijoux de famille ... Enfin, c'est une façon de parler"

12 mars 1970, dans La Presse, article de Marcel Pépin, correspondant à Ottawa :

"M. Beaubien a affirmé devant le CRTC que la firme qu'il préside n'a aucun lien direct ou indirect avec Power Corporation".

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Journaux Trans-Canada Québec-Presse, 
Edition du 1er février 1970.
Lettre des avocats Geoffrion et Prud'homme mettant en demeure n'autre journal de ne plus alléguer ni suggérer que "Les Journaux Trans-Canada" - est une subsidiaire de power. Si, cela devait se répéter, les avocats devraient prendre "les procédures qui s'imposent dans les circonstances".

Texte de la décision du CRTC
Le 17 juin, le Conseil de la Radio-Télévision approuve la vente de Télémédia. Il écrit quand même: "... par les débentures qu'elle détiendra maintenant, la dite Power Corporation gardera pour un temps d'importants intérêts financiers dans la nouvelle compagnie" (Télémédia). 

Plus loin: "Le Conseil reste préoccupé par l'importante concentration de propriété, tant dans les domaines de la radio et de la télévision, impliquée dans ces demandes et par la présence d'intérêts financiers importants de la part d'une compagnie dont les principaux actionnaires détiennent des intérêts considérables dans d'autres média d'information,,.

Moralité: le CRTC dit qu'il est faux d'affirmer qu'il n'y a aucun rapport entre Power et Télémédia.

Le CRTC dit qu'il est inquiétant de penser que ceux-là mêmes qui contrôlent tous ces postes de radio et de télévision (Power et Télémédia) contrôlent aussi d'autres média d'information, c'est-à-dire les Journaux Trans-Canada.

Le CRTC dément ainsi toutes les allégations fausses de Journaux Trans-Canada et Télémédia!

  PIERRE JUNEAU,      C-AGEOFFRION,           PHILIPPE DE GASPÉ
 
 

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LES POSTES DE TÉLÉMÉDIA
Liste des postes dont I'achat par Télémédia vient d'être sanctionné par le CRTC, le 17 juin dernier :
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