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M. Parizeau se rappelle mais les «gens de Microsoft l'ont envoyé paître.
Le jeux des alliances internationales
Parizeau se rappelle des démêlés de son gouvernement avec cette dernière compagnie, sur la question de la sortie de la version québécoise de Windows 95. Mais les «gens de Microsoft nous ont envoyé paître...
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L’État n’est pas mort
Entrevue avec Jacques Parizeau
Ian Renaud-LauzéAprès avoir lancé des critiques envers le Parti québécois qui ont fait beaucoup de vagues médiatiques, Jacques Parizeau, l’ex-homme d’État, a rencontré des membres de la rédaction d’Impact Campus pour discuter de politique et de mondialisation.
Jacques Parizeau, c’est reconnu, ne se gêne pas pour dire ce qu’il pense, même lorsque vient le temps de critiquer le métier qu’il a pratiqué pendant plus de 20 ans. «La politique est devenue un débat pour spécialistes, pour les vieux «pro» et les vieux journalistes. La politique au Québec a pris un coup de vieux. Je m’en rends compte, par exemple, quand vient le temps de renouveler l’idée et la présentation de la souveraineté, de manière à rejoindre les intérêts des jeunes de 25-30 ans». Mais, tant du côté des souverainistes que des fédéralistes, M. Parizeau juge que le discours n’a pas évolué. Ce qui lui fait affirmer qu’«on a besoin d’un courant d’air frais, ça commence à sentir le moisi».
Mais lorsqu’on lui demande d’où pourrait venir ce renouveau, M. Parizeau répond simplement qu’il ne le sait pas, du moins pas exactement. «Ça viendra certainement de l’extérieur. Il faut des chocs. On en connaît un actuellement, celui des grands bouleversements économiques et financiers qui frappent le monde entier. Dans tous les pays les gens se demandent «Où est-ce qu’on s’en va?»». En faisant référence aux crises russe et asiatique, il ajoute: «Vous n’avez pas idée à quel point les néolibéraux en prennent un coup depuis quelques semaines, car la situation est la négation de tout ce qu’ils nous avaient raconté.»AMI
Il est évident que les collectivités doivent se défendre devant l’influence du grand capital mondial. «Prenons l’exemple de l’Accord multilatéral sur l’investissement (l’AMI): c’est devenu le scandale que c’est pour deux raisons qui découlent du monde d’aujourd’hui. D’abord, une association de consommateurs sort le projet d’accord sur Internet et, deuxièmement, des groupes de jeunes vont à Montréal monter une opération qui va complètement désorganiser la réunion de ceux qui ont préparé cet accord en catimini. L’AMI ne correspondant pas aux schémas politiques habituels, les journaux et les politiciens d’ici en ont assez peu parlé» déplore M. Parizeau. Pourtant, l’ancien premier ministre fait remarquer que la conférence de Montréal «est célèbre dans le monde comme ayant été trucidée par Internet et par une bande de jeunes. C’est avec des chocs comme ça que l’on va être forcé de renouveler le discours politique. Si l’AMI passait — et les négociations reprennent cet automne —, l’État-nation perdait une bonne partie de ses pouvoirs à la faveur des intérêts privés de grandes compagnies. L’État-nation est constamment menacé. Ça c’est comme Dieu: on annonce toujours sa mort, il est pourtant toujours là. L’État-nation se débrouille plus ou moins bien, des fois il se casse la gueule, tout arrive, mais il est toujours là. Le problème est de savoir comment s’en servir».
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Mondialisation
Toutefois, M. Parizeau est conscient que la mondialisation modifie la façon de gouverner. «Les plus grands pays doivent s’entendre sur les règles du jeu. Il est ridicule pour un petit pays de devenir protectionniste, puisqu’il se fait écraser à tout coup. Alors que s’il entre dans un grand ensemble qui a ses règles propres — 360 millions d’Européens qui s’entendent sur des règles sur la concurrence — ça permet à un pays comme le Danemark de faire face à des géants comme Microsoft, pour prendre un exemple qui n’est pas le nôtre.»D’ailleurs, M. Parizeau se rappelle les démêlés de son gouvernement avec cette dernière compagnie, sur la question de la sortie de la version québécoise de Windows 95. Mais les «gens de Microsoft nous ont envoyé paître...
Seul, devant Microsoft, on est nul. Quand on est au lit avec un éléphant, c’est à la souris de faire attention. Il faut être astucieux. On a beau courir sur le dos de l’éléphant, ça ne lui fait pas un pli.»
Il est clair pour M. Parizeau que les États ont besoin de jouer sur le tableau des alliances internationales. Cependant, ces alliances sont multiples et doivent avoir pour but la défense des intérêts collectifs de chacun des États. «Il faut toujours choisir ses alliés. On est alliés sur certaines choses et pas sur d’autres. Il ne faut pas aller à l’ALÉNA pour défendre des questions liées à la francophonie; la francophonie est là pour régler ces questions. Il faut constamment jouer sur des tableaux différents selon la nature du problème que vous avez».
L’homme s’est peut-être retiré de la politique active, mais il demeure fort occupé. Son intérêt pour les défis qui attendent le futur du Québec dans un monde en changement semble être au coeur d’une réflexion qu’il partage par écrit ou par des conférences. Il est certain que M. Parizeau n’a pas fini de déranger la petite politique tranquille du Québec et d’irriter les oreilles des personnes qui se disent ses amis, car il semble pour lui que l’intégrité de la pensée passe avant le jeu politique. (???? Par ses acquisition personnel en France, j'ai de grand doute sur ses vertus)
http://www.ulaval.ca/impact/icaut98/icact.980929.html