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Ordre du
Temple solaire
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Confession, appartenance religieuse ou approche spirituelle :
Gnose ; Ésotérisme ; résurgence de l'Ordre chevaleresque mystique et
initiatique.
Fondation, historique, origine :
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1984 : fondation de l'Ordre
international chevaleresque de tradition solaire (OICTS) par Luc
Jouret, à Genève. Appelé ultérieurement Ordre du Temple Solaire
(Ordre TS). |
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1994: fin de l'Ordre TS qui fait
53 morts : |
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- 4 et 6 octobre 1994 : 5
cadavres carbonisés dans une villa incendiée de Morin Heights, près
de Montréal (Québec); corps poignardés auparavant. |
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- 5 octobre 1994 : 48 cadavres
carbonisés dans deux chalets suisses incendiés, 23 au lieu-dit La
Rochette à Cheiry - canton de Fribourg - et 25 aux
Granges-sur-Salvan, en Valais. Les enquêtes officielles ont
déterminé qu'à Cheiry 19 des 23 victimes avaient été tuées par
balles avant l'incendie, et qu'à Salvan les victimes avaient été
empoisonnées au curare avant la mise au feu du chalet. |
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Joseph Di Mambro, cerveau et
maître des finances de l'organisation. Suisse, né en 1924, ancien
directeur d'une manufacture horlogère, condamné en 1974 à six mois
de prison pour escroquerie, abus de confiance et émission de chèques
sans provision. Après avoir quitté l'ordre Rose + Croix (AMORC), a
créé la Fondation Golden Way à Genève en 1974. Adeptes initiés à des
pratiques écologiques - hygiène de vie, phytothérapie, etc. -, mais
la Voie d'or est surtout de nature ésotérique. Entre en relations
avec Luc Jouret en 1976, fait des conférences avec lui, le dirige
dans la manœuvre d'infiltration de l'Ordre rénové du Temple,
l'exploite ensuite dans une opération ésotéro-occultiste
satisfaisant ses appétits financiers. Mort à Salvan.
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Luc Jouret, instrument recruteur
et médiatique, paravent médical. Belge - et Français après son
mariage en 1982 - né le 18 octobre 1947 à Kikwit (Congo belge devenu
Zaïre). Études en Belgique. Membre des jeunesses communistes
wallonnes de 1965 à 1975. Diplômé de médecine à l'université libre
de Bruxelles en 1974, se spécialise en homéopathie - il exercera en
tant qu'homéopathe à Bruxelles, L’église (Luxembourg) de 1981 à
1983, Annemasse (74) de 1983 à 1986, Sarrians (84) jusqu'en 1994
avec le Dr Christian-Marie Le Gall, et aussi à Montréal (Québec).
Carrière médicale confuse due à son engouement pour les médecines
parallèles (macrobiotique, ixidologie, stridologie, etc.), son parti
pris pour les guérisseurs philippins rencontrés à Manille de 1974 à
1976, sous forme de conférences en leur faveur (ce n'étaient que des
escrocs illusionnistes). En 1983, il est membre de l'Ordre rénové du
Temple (ORT), dont il deviendra le grand-maître après la mort de son
fondateur en août 1983 jusqu'à sa démission en 1984. La même année,
crée l'Ordre TS à Genève - trente templiers de PORT circonvenus en
font partie - et l'Ordre solaire des Templiers ainsi que l'Hermetica
Fraternita Templi Universali à la Martinique: dans les deux cas, il
s'autoproclame grand-maître. Le Québec succède à la Martinique.
Jouret, charismatique et dominateur, enjoint des adeptes à le suivre
au Canada pour y construire une Arche de survie où ils seraient les
rescapés d'une fin du Monde inévitable et prochaine; à Morin Heights
(Montréal), cette Arche de survie se révélera fatale pour cinq de
ses occupants. Il voyage en Australie de novembre 1993 à avril 1994,
seul ou en compagnie de Di Mambro, qui s'y rendait depuis 1989
(possible trafic d'armes légères, du Canada vers l'Australie,
allégué par quelques enquêteurs). Une sombre affaire d'achat d'armes
prohibées au Québec aboutit en juillet 1993 à la condamnation de
Jouret à un an de probation et un don de 1 000 dollars à la
Croix-Rouge. Son influence décline au sein de l'Ordre. Di Mambro
installe à Montréal une autre Arche de survie appelée l'École des
mystères, qui regroupe l'élite dissidente de l'Ordre TS. Jouret
regagne la Suisse et la France. Mort à Salvan.
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Camille Pilet, suisse né en 1926,
membre de l'AMORC, comptable et porte-serviettes de Di Mambro. Mort
à Cheiry. |
| Groupes
précurseurs de l'ordre TS : |
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L'École de vie, créée par Di
Mambro en 1974. Près de Collongessous-Salève (Suisse), des «
séminaires » sont tenus dans une ferme. Des Centres de vie régis par
les Clubs Atlanta naîtront ensuite avec Jouret, pour des «
séminaires de ressourcement et d'initiation à la Science de vie » |
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L'Ordre rénové du Temple,
avant-coureur primordial de l'Ordre TS. Jouret s'introduit en 1983
dans cette communauté templière du château d'Auty (82), dont Julien
Origas est alors le grand commandeur. Celui-ci, de son vrai nom
Julien Humbert' alias Humbert de Frakenbourg, est né en Alsace en
1920. A versé dans l'occultisme, voie généralement empruntée pour
pouvoir opérer dans le secret. A quitté le mouvement initiatique
Rose + Croix pour fonder PORT en 1970, en compagnie de Jacques
Breyer, écrivain et ésotériste, fondateur de l'Ordre souverain du
Temple solaire (OSTC) en 1952, au château d'Arginy (69). Breyer (qui
a quitté l'ordre en 1964) prétendait que l'ancien Ordre du Temple y
avait été créé le 12 juin 1118 et que le Trésor du Temple s'y
trouvait. En réalité, l'Ordre du Temple a été fondé le 27 décembre
1115 à Jérusalem. |
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Managé par Di Mambro, Jouret
trouve dans PORT ce qu'il faut pour créer l'Ordre TS - doctrine,
règlements, rites, organisation et... affaires. |
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| Doctrine,
spiritualité, vision du groupe |
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Déclarations de principe, tirées
de documents internes et confidentiels : |
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« L'Ordre TS est en vérité un
Ordre chevaleresque mystique et initiatique authentique. »
Les objectifs manifestes de l'Ordre TS sont les suivants :
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1. Reconnaître et rassembler une
Élite spirituelle afin de la préparer, par l'étude des Hautes
Sciences, à participer à des travaux, en vue de perpétuer la
conscience UNE et la Vie dans le temps et l'espace. |
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2. Prendre une part prépondérante
et active à l'édification des Centres de Vie. |
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3. Former à travers le monde une
chaîne de fraternité véritable, au service des forces positives et
du Temple unifié, constitué par l'Ordre TS. » |
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« L'Ordre TS est placé sous
l'obédience absolue de la Synarchie du Temple. À cet effet, la
Synarchie détient les pouvoirs les plus étendus, ses membres sont et
resteront secrets. La Synarchie du Temple est seule compétente pour
nommer les responsables et dirigeants de l'Ordre TS. » |
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| Organisation,
Culte, pratiques religieuses, fonctionnement : |
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Le secret absolu est requis des
membres de l'Ordre sur tout sur ce qu'il est et ce qui s'y passe.
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« L'Ordre TS fonctionne à trois
niveaux distincts |
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- 1er degré, composé des Frères
du Parvis ;
- 2e degré, composé des Chevaliers de l'Alliance ;
- 3e degré, composé des Frères des Temps Anciens. » |
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Progression à chaque niveau par
trois grades, sur décision - dépourvue de justification - de la
Synarchie du Temple. |
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Organisation strictement
hiérarchisée : Synarchie du Temple composée de dirigeants influents
de l'Ordre, Conseil de l'Ordre regroupant les membres sous forme de
« loges » dirigées par un Commandeur de Région et trois veilleurs :
« Les loges réunissent leurs membres par degrés séparés à chaque
pleine lune. » |
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Enseignement exclusif :
- écrit, en trois degrés; « Plagium, Épîtres, Viatiques, Archées,
Profès, Voie Royale, tout texte délivré de la main à la main » ; -
oral, sous forme de séminaires, ateliers et cénacles. |
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Exclusion de toute autre forme
d'enseignement: « Hormis l'enseignement donné, aucun autre
enseignement, doctrine, théologie, philosophie, théorie ou concept à
caractère spirituel, initiatique, ésotérique ou métaphysique, ne
peut être propagé, dispensé ou introduit par quiconque à l'intérieur
de l'Ordre TS. » |
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Exclusion de toute autre forme
d'enseignement: « Hormis l'enseignement donné, aucun autre
enseignement, doctrine, théologie, philosophie, théorie ou concept à
caractère spirituel, initiatique, ésotérique ou métaphysique, ne
peut être propagé, dispensé ou introduit par quiconque à l'intérieur
de l'Ordre TS. » |
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Rituel magique. Cérémonies à
multi-niveaux. Les grands initiés de la Synarchie se réunissaient à
chaque pleine lune, dans la « crypte » du temple de Cheiry pour
recevoir les révélations des maîtres invisibles de Proxima, future
planète d'accueil des membres de la secte. Le « Cercle doré »
rassemblait ceux que Jouret avait perçus comme les mieux branchés
sur le cosmos, donc très « opératifs » (il les aimait riches et
disciplinés). Passage d'un grade à l'autre à l'équinoxe de printemps.
Le 5 octobre 1994 - date symbolique: le nombre 5 correspond à
l'homme (quatre membres et une tête) et jour de nouvelle lune -
cinquante-quatre templiers auraient dû périr, par analogie avec les
cinquante-quatre chevaliers de l'Ordre du Temple brûlés vifs le 10
mai 1310 ; le plan macabre en épargna un. |
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Dominantes sectaires :
- prééminence de Di Mambro, l'ordonnateur, et de Jouret, l'illuminé.
Ils commandent, tous les autres doivent obéir;
- contrôle hiérarchique autoritaire, dépendance totale pour la
progression dans l'Ordre;
- explications exclusives de l'Homme et de l'Univers : celles qui
leur sont étrangères sont repoussées et interdites (dixit le
règlement de l'Ordre);
- embrigadement des membres. Cela commence par une démarche
médico-spirituelle ; cela se poursuit par touches doctrinales et
stimulatrices : initiation progressive, fierté d'appartenir à un
cercle élitiste, attrait pour des entités et forces invisibles qui
sauraient tout et pourraient aider à se sortir d'un monde en
détresse, etc.; cela se termine par une allégeance totale : les
adeptes se rendent d'un pays à l'autre sur ordre Martinique, lieu de
refuge, puis Montréal, lieu de sauvetage quand la fin des temps
surviendra -, ils remettent des fortunes pour faire triompher
l'Ordre qui refuse la situation mondiale existante ; ils entassent
provisions et armes, construisent des abris souterrains pour passer
le cap de l'Apocalypse. |
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Au « Jour de l'Appel » décidé par
le couple Mambro-Jouret, les convoqués se rendront en Suisse.
Certains, inconscients de l'issue fatale, sont venus pour régler des
problèmes financiers; ils périront avec d'autres qui avaient adressé
des lettres d'adieu à des proches. Dans leur paranoïa, les deux
gourous, de plus en plus menacés à l'extérieur (procès, recherches
policières et fiscales, etc.) comme à l'intérieur (réticences et
réclamations d'adeptes, considérées comme trahisons), avaient décidé
de précéder l'Apocalypse en autodétruisant leur oeuvre. Ce fut le
carnage infernal. |
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Propagation des concepts
thérapo -
ésotériques par des associations et des sociétés
commerciales : |
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- Association internationale
Archédia Sciences et Tradition, constituée à Genève en 1984,
dissoute en 1991, animant les clubs Archédia et soutenant une «activité
interne ésotérique» liée à l'OICTS. |
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- Clubs Amenta, organisateurs de
conférences et séminaires sur la santé et l'alimentation naturelle.
Sièges à Genève
et
à Sainte-Foy (Québec).
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- Clubs Agata, puis Clubs
Atlanta, destinés à promouvoir les activités de Jouret.
Sièges
à
Paris
et
à Ottawa (Canada).
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Ces clubs dits de «formation
humaine» dispensent l'enseignement de Jouret à deux niveaux :
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- la Branche Sciences et
Tradition, ouverte à tous publics, offre une «formation
expérimentale» ou «connaissance appliquée» spectacles, tables rondes,
ateliers à thèmes, cours d'alimentation saine, sorties, etc. ;
- la Branche Tradition solaire, réservée aux adhérents de la
première branche, assure une «formation spirituelle et philosophique»
ou une «connaissance intuitive». |
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Jouret a fait au moins 200
conférences en France, surtout dans les villes où existaient des
clubs de son organisation (Paris, Rennes, Nantes, Angers, Brest,
Tours, 'foulon, Bonneville ...). |
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Les opérations financières menées
par Di Mambro et ses acolytes suisses, français, canadiens et
autres, ont été en partie mises au jour. Essentiellement concentrées
dans l'immobilier, quatre-vingts propriétés auraient été recensées
en Suisse, France métropolitaine, Canada, Monaco, Martinique et
Australie aux noms de responsables de l'Ordre. Exemple: Albert
Giacobino, copropriétaire du chalet de Cheiry; Camille Pilet,
propriétaire du chalet de Salvan; Jocelyne Di Mambro-Duplessy,
gérante de la SCI la Souste à Pernes-les-Fontaines (84) ; Constantin
Kaskoutas, gérant de la SCI de l'Étang et de l'Ermitage à Sarrians
(84) ; la SCI Clos de la Renaissance à Aubignan (84) ; une dizaine
de propriétés dans les Laurentides (Québec), dont celle de Morin
Height, à Piedmont, Saint-Sauveur, où périront cinq adeptes. |
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Source
des informations :
Centre Roger Ikor
Tiré du livre LES SECTES ÉTAT D'URGENCE Mieux les connaître, mieux
s'en défendre en France et dans le monde
Éditions Albin Michel 1995
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